Déclarations de SEM Andry RAJOELINA
Président de la Transition de Madagascar
Palais d’Ambohitsorohitra, le 22 Mai 2012
Malgaches, mes compatriotes,
Chers parents et aînés,
Sœurs et Frères à travers la Grande île,
Aujourd’hui, le pays amorce un tournant, beaucoup de questions se posent et nous avons tous l’esprit rempli d’inquiétude. C’est pour cette raison que je me fais le devoir de venir dans
chaque foyer pour vous parler des affaires nationales.
Nous avons lutté pour le changement des structures dans la manière de diriger le pays.
La nouvelle Constitution a été adoptée par voie référendaire, la Feuille de route a été signée, laquelle nous mènera vers les Institutions de la IVè République. Bien que ce chemin soit
semé d’embûches, et c’est bien le seul chemin, le Gouvernement d’Union Nationale exigé par les divers Partis politiques a pu être instauré.
Les Institutions de la Transition qui ont été mises en place, traduisent la volonté du pouvoir d’aller de l’avant, bien que la cohabitation ne soit pas aisée. Nous en sommes
actuellement à la dernière étape de cette Transition, qui est, la préparation et l’organisation des élections tant attendues par tous les Malgaches.
En effet, ces élections sont très attendues par nos compatriotes de toute la Grande Ile car elles signifient la sortie de crise politique qui n’a que trop duré. Ces élections traduisent
également le choix du peuple pour ceux qui vont diriger la Nation.
Nous savons pertinemment que c’est dans cette IVème République que sera érigé un nouveau Madagascar qui amènera le développement en toute sérénité et en toute liberté.
Il est très clair que cette dernière étape de la transition est cruciale. Pourtant, certains s’efforcent encore à semer des troubles. D’autres passent leur temps à chercher la petite
bête à travers des mensonges inimaginables, allant jusqu’à un lavage de cerveau qui désorientent l’esprit de nos concitoyens.
Les Malgaches ne méritent pas une autre crise dans l’actuelle crise qui dure depuis trois années ; les Malgaches ne méritent pas que la Nation revive une autre période de
troubles.
Des questions pleines d’inquiétude taraude l’esprit du grand nombre, telles que :
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* L’année scolaire s’achèvera-t-elle dans de bonnes conditions et les examens de nos enfants auront-ils lieu dans les délais impartis, si jamais les enseignants persistent à faire la
grève ?
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* Qu’adviendra-t-il des malades si les aides-soignants se remettent en grève ?
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Aussi, j’en appelle à la conscience de tous les responsables sans exception.
Soyez honnêtes envers vous-mêmes en reconnaissant que ce n’est pas dans cette période difficile qu’il faut presser la Nation, pour satisfaire à tous les desiderata qui n’ont jamais été
entendus depuis de nombreuses années. Faites une priorité du volet sociale du peuple malgache. Ne pensez qu’aux intérêts du grand nombre et ceux de la Nation. Ayons une vision commune pour le
bien de nos compatriotes.
La Nation a grand besoin de la sagesse de tout un chacun.
Le vrai patriotisme consiste en la volonté de tous à mettre un terme à cette Transition, à travers des élections libres et transparentes.
Je lance un appel à toutes les personnes de bonne volonté pour se donner la main, dans la préparation de ces élections, depuis la Présidence jusqu’au plus petit Fokontany, en étroite
collaboration avec la CENIT.
Pour ma part, je ne cesse d’œuvrer dans ce sens pour relever ce défi d’arriver ensemble à organiser les élections.
Je viens d’avoir une séance de travail avec le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban-Ki-Moon. Il m’a reçu en toute fraternité, malgré son emploi du temps chargé et les grands
problèmes qui l’accaparent. Mais j’ai pu lui expliquer clairement la volonté des Malgaches d’aller vers les élections. De son côté, il a fait montre d’une volonté à nous aider dans ce
sens.
Il en est de même du côté de la SADC qui est actuellement en train de se pencher sur les meilleurs moyens de nous appuyer dans cette démarche vers les élections. D’ailleurs, je vais
incessamment rencontre le Président de la SADC.
Malgaches mes Compatriotes,
Le travail qui nous attend tous, a grand besoin de sérénité et de volonté. Nous avons besoin de solutions politiques. Et ce travail requiert un grand Patriotisme que vous avez au fond
de l’âme.
N’avons pas traversé des périodes dures que nous avons surmonté ?
Aussi, Malgaches saisissez-vous ! Œuvrons main dans la main, Forces Vives de la Nation !
Avec vos lueurs, la lumière jaillira sur nous !
Notre Grande île resplendira ! Notre Nation Madagascar devra aller vers un réel développement !
Peuple malgache,
Je ne vous laisserai pas seuls et je suis prêts, à accomplir jusqu’au bout les lourdes responsabilités qui m’incombent.
La Patrie est sacrée !
Misaotra Tompokolahy, Mankasitraka Tompokovavy.
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Ces déclarations du Président de la Transition,
ont été suivies d’une conférence de presse au cours de laquelle le Chef de l’Etat a apporté des précisions ayant trait aux points chauds de l’actualité.
Des questions relatives à ses déclarations lors de sa mission auprès des Nations Unies.
Vous avez déclaré au cours de votre mission auprès des Nation Unies que vous restez ouvert
au dialogue. Pour ce qui en est du retour de l’ancien Président, peut-on espérer, prochainement, un dialogue entre vous et l’ancien Président Marc Ravalomanana et si c’est le
cas, ce sera quand ? :
« Je tiens à préciser qu’aucune convention ni négociation n’a eu lieu jusque là. Toute affirmation contraire à cela n’est que de pure
invention et de rumeur. Toutefois, cela n’empêche pas le dialogue afin de trouver une solution qui permettrait
peut-être de sortir Madagascar de cette impasse ».
Est-il possible de tenir une élection dans ces conditions où les foyers
de tension ne cessent de
déstabiliser ?
« Les élections sont les raisons d’être de la cohabitation. Selon les experts des Nations
Unies, nous avons besoin de huit mois pour les préparations nécessaires aux élections, soit
en Janvier 2013. L’essentiel dans tout cela c’est la volonté d’aller de l’avant dans la perspective d’une sortie de crise à travers les élections et mettre un terme à la Transition. Le seul problème c’est que ce mois de Janvier est
encore en pleine période de pluie. La question qui se pose réside dans
la possibilité de réduire ce délai de huit mois ou les
acteurs politiques vont-ils se mettre d’accord pour tenir les élections à cette date ? Les experts électoraux et les membres de la CENIT devront travailler d’arrache-pied pour ce faire ».
La cohabitation est-elle effective et l’Exécutif assure-t-il davantage les affaires courantes ?
« Je réitère encore une fois que la cohabitation n’est pas chose facile mais elle est un passage obligatoire et l’unique voie qui nous mènent vers la sortie de crise, les élections. L’affaire nationale ne peut pas attendre. Il y en a ceux qui ont adhéré à ce processus et ceux qui en sont sortis, mais il y a également ceux qui n’ont même pas adhéré et ceux qui ont exigé cette cohabitation mais cherchent
actuellement une Nouvelle Transition. Personnellement, je condamne le fait de prendre en otage le Peuple malgache. Heureusement, la Communauté
Internationale, avec le Peuple malgache, est consciente de l’utilité de terminer dans les plus brefs délais la
Transition. Ainsi, nous n’allons plus attendre les financements extérieurs pour l’organisation des élections. A partir de ce mois de Juin, nous donnerons à la CENIT les moyens nécessaires pour
pouvoir avancer vers les élections qui se tiendront dans quelques mois ».
Possibilité d’organiser les élections dans un contexte tendu, comment remettre à l’ordre ces différentes déstabilisations ?
« Je trouve que les différentes manifestations que nous apercevons actuellement ont été semées expressément. La majorité du Peuple
malgache ne veut plus aucuns troubles ni déstabilisations dans leur quotidien. Leur seul souhait est de procéder aux élections. Raison pour laquelle le Régime transitoire ne ménage pas d’efforts pour ce faire.
Pour ce qui en est de ma candidature, aucune contrainte ne m’empêche de me porter candidat ou pas.
Toutefois, je suis prêt à considérer plusieurs paramètres relatifs à l’intérêt supérieur de la Nation. Et ma décision en dépendra ».
En ce qui concerne la déclaration de la FFKM visant à critiquer le Régime transitoire : Le Président de la Transition a invité tout un chacun à étudier la teneur de
cette déclaration de la FFKM et d’analyser ce qui est vrai, ce qui est faux et ce qui doit être corrigé.
Pour ce qui en est de la Place de la démocratie.
« Ce que nous voyons actuellement est la preuve tangible d’une liberté d’expression totale. Toutefois, il ne faut pas confondre la liberté et la déstabilisation. La
sagesse, que le Peuple attend des politiques malgache, est le respect du peu de paix qu’il jouit actuellement Cela signifie que le Peuple ne veut plus de déstabilisation. Durant les campagnes électorales, les meetings seront libres et point n’est besoin de formuler une demande d’autorisation pendant cette période. Tous les candidats aux élections,
tant législatives que présidentielles, sont autorisés à tenir des réunions populaires sur tout le
territoire malgache. Mais pour l’heure, je lance un appel à tout un chacun à faire preuve de responsabilité afin que nous puissions redresser et sortir
le pays de cette crise ».
Quelles seront donc les mesures à prendre si les manifestants insistent à investir la Place de la démocratie ?
« Le fait d’insister à investir la Place de la démocratie nous mènera-t-il à la sorite de
crise ? Ou aux élections ? Ou encore, cela aidera les prétendants aux différentes élections à réussir leur coup à des fins politiques ? Je profite de cette occasion pour encourager les Forces de l’ordre à prendre leurs responsabilités, à maintenir l’ordre pour la paix sociale et la
sérénité du Peuple malgache. Et sans pitié pour les personnes qui tentent de semer le
trouble ».
Ambohitsorohitra, le 22 Mai 2012